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jeudi 18 février 2010

Jours de carnaval

Vers 17h, la Banda de Ipanema commence son tour.
Nous sommes sur la plage du même nom lorsque nous entendons les clameurs s'élever.
L'adrénaline croit petit à petit durant la journée.



Vers 16h, un véritable concert de percussions a inondé la plage d'Ipanema, en face du poste de sauvetage N°9. Il parait que c'est là, entre les postes 9 et 10 que l'environnement est le meilleur, beaucoup de jeunes, de jolies filles. Un peu avant c'est le plage gay, vers le poste 8. On ne peut pas se tromper. Les types qui sont là ne doivent sortir de la salle de sport que pour bronzer, il y a un taux de testostérone incroyable.
Le concert vient en fait d'un appartement situé au 5e étage d'un immeuble donnant sur la plage. Le son se diffuse très bien, c'est vraiment impressionnant. C'est un batucada qui joue, des filles dansent sur le balcon alors que l'on peut deviner un bar à l'intérieur de l'appartement.
Les chanceux de la private party saluent la foule des baigneurs qui leur rendent d'un geste pendulaire du bras.
Le soleil tape un peu moins fort aujourd'hui, il y a un léger voile nuageux qui rend très agréable la promenade le long de l'océan.
Je prends l'habitude de manger du queijo, brochette de fromage grillée dans un petit poil à charbon portable. C'est très bon et typique d'ici.
Les gens sont toujours aussi aimables, sympathiques et simples.



Le carnaval de rue est vraiment puissant en énergie. Il y a de tout dans les rues, les brésiliens et étrangers sont là pour s'amuser, danser, chanter, je remarque peu de gens ivres, c'est une fête très bon enfant, vraiment agréable.
Les guides touristiques (routard etc.) nous rebattent les oreilles au sujet de la dangerosité de Rio, c'est faux, tout simplement. C'est une ville calme à ce niveau là, charmante. On se sent bien partout.
C'est évidemment aussi une question d'attitude. Certaines personnes pourraient même se faire agresser par des moines dans une retraite spirituelle tellement ils manquent de sens commun et d'intelligence de cœur. Bien entendu, le feu aux poudres est vite allumé, comme partout si l'on manque de respect aux gens, si on les juge et les considère selon ses propres critères, trop souvent et immanquablement perturbés par nos filtres culturels.
Un exemple concret : Nous dansons lors d'une fête improvisée sur la plage, il y a du bon son, des filles splendides, de la boisson agréable, une ambiance super. Les hommes Brésiliens sont très directs avec les femmes. Ils abordent facilement, touchent les fesses, tout cela n'est pas forcément du manque de respect, c'est presque de la flatterie. Les femmes répondent souvent en remerciant et en montrant leurs envies, dans un sens ou un autre. Tout ce ci est finalement très simple, spontané et presque courtois dans un sens.
Ce qui n'est pas courtois, c'est de photographier une fille en n'ayant dans son viseur que sa "Bunda", ses fesses. OUi ici les femmes ont de très jolies fesses, très souvent, parce que la danse est dans la coutume, parce qu'elles sont musclées et parce qu'elles assument leur anatomie. Ce qui rend toute personne attractive, est l'amour qu'elle se porte à elle-même.
Les gens ici fonctionnent très peu sur la peur, il faut un peu de temps pour le comprendre et commencer à fonctionner ainsi.



La peur amène la peur, le manque de respect le manque de respect et le danger le danger.
Ce que les guides ne vous expliquent pas, c'est avant tout de ne pas venir avec ses peurs et ses à prioris, car c'est très souvent cela qui crée la situation de conflit.
Le touriste amène finalement la convoitise, le danger, l'intolérance et la violence, qu'ensuite il dénonce en montrant l'autre du doigt. Quelle honte !
Bien sûr, il peut arriver de se faire piquer son sac, comme partout mais je ne parle pas de cela.

Je continue un peu sur ce sujet suite à une rencontre forte.
Déambulation sur Copacabana et rencontre d'un jeune couple. Lui, brésilien, ce qu'on appelle une bonne tête, les yeux rieurs, une bonté naturelle. Elle, est française, blonde, serrée, le genre de décontraction crispée par la culture, comme une fleur ouverte grâce à des écarteurs qui revient bien vite à sa position initiale...
Ils ont une vingtaine d'année, un peu plus.
Nous discutons un peu, cela fait 2 mois qu'elle est là.
Elle commence à critiquer le pays, elle se fait toucher les fesses tout le temps dit-elle, elle ne supporte pas de voir toutes ces filles en mini-short (elle-même en porte un), si près de son chéri, qu'elle souhaite ramener en France comme un trophée, une bête exotique (ça c'est moi qui le dit, pas elle !).
Lui, essaye de la convaincre que le Brésil, c'est chez lui, qu'il aime, qu'il se sent bien. Il souhaite étudier en France, étudier et revenir. La langue lui plaît, le chic des attitudes, la culture aussi.
Alors elle explique que c'est comme ça, qu'ils iront en France dans quelques semaines, il trouvera du travail, va s'inscrire à l'université en septembre et devra oublier le Brésil pour au moins vingt années, le temps d'avoir assez d'argent pour investir à Rio peut-être...
Imaginez le tournant que va prendre la vie de ce jeune homme. Paris, la grisaille, de beaux émerveillements culturels certes, mais une femme castratrice et possessive, une environnement de travail difficile, le racisme, et le manque... le manque de soleil, le manque de joie, le manque des autres.
Aujourd'hui j'ai rencontré un homme qui peut-être va se perdre dans les méandres des chimères occidentales portées par de fraîches veuves noires, incapables de comprendre la complexité de la situation par ethnocentrisme exacerbé.
Je connais cette situation, j'ai moi-même été de ces sauveurs occidentaux croyant offrir une liberté quand bien même elle se situe dans un enfer que nous ne voyons même plus.
Bien entendu ce n'est pas tout. La France offre des tas de choses merveilleuses, mais quand on parle d'essentiel, qui est une chose personnelle à chacun, je crois qu'on n'a pas le droit, par "amour", d'éteindre la lumière dans les yeux de quelqu'un, en essayant de remplacer son essentiel à lui par le nôtre.
C'est l'histoire d'un oiseau qui se prend d'amour pour un vers de terre... l'oiseau suivra le vers, se brisera les ailles pour entrer dans la terre et cherchera par tous les moyens l'air, les paysages et la liberté qu'il aimait tant. Il reste libre, sous terre, espace de liberté des vers...

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Formateur et conseil en communication sur mesure. En savoir plus sur mon profil pro Facebook : Stéphane lemaire Leonard Interventions en entreprises et en écoles de commerce : Médias, communication, marketing et rédaction publicitaire, management, accompagnement à l'équilibre des systèmes, communication interpersonnelle et culture générale. Co-fondateur, associé et dirigeant du "Cabinet de curiosité" (Groupe de communication) jusqu'à fin 2008. Féru d'art (Master de l'école des Beaux Arts) et d'histoire (études d'agrégation) ; Passionné d'arts martiaux "d'accompagnement" (Aïkido, Capoeira). Un très fort intérêt pour les croyances et cultes ainsi que les sciences. Diplômé de l'école de massage Thaïlandais de Chiang Maï. Pratique de l'hypnose et auto-hypnose comme outils de reprogrammation mentale. Auteur, je suis également chroniqueur culturel pour "mon œil" de TéléNantes et rédacteur sur suite101.fr Je me consacre également à la conception de programmes culturels trans-médias. Interventions en français, anglais, espagnol, portugais (du Brésil).