L'humilité est à la base du bouddhisme puisque le nirvana, but du travail de la méditation, est finalement une ataraxie, ne plus penser, ne plus se laisser mener par ses envies et désirs.
Cela parait triste sans doute à ceux qui n'ont pas de connaissance de ce que cette pratique, cette hygiène spirituelle, apporte.
N'oublions pas que l'ataraxie est présente chez Epicure et les sceptiques.
Alors comment peut-on être Epicurien et sans désirs me direz-vous ?
Et bien justement, c'est là que la magie opère, l'Epicurisme est bel et bien une jouissance de chaque instant qui mène au bonheur et non pas, comme dans le désir, l'appui sur une chose extérieure, un objet, matériel ou humain (on a souvent tendance à confondre amour et désir d'ailleurs) qui lui, le désir, vous retire votre bonheur de l'instant pour le pendre à une perche devant vous.
C'est l'histoire de la carotte et de l'âne. Suspendez une carotte devant le nez de l'âne, il avancera toujours, tiré par son désir. Il sera toujours malheureux car jamais satisfait.
Donnez la carotte à manger à l'âne, il stoppera pour la manger, ne pensant à rien d'autre qu'à sa satisfaction de l'instant, heureux.
Oui mais alors il n'avance plus me direz-vous ! Certes mais à quoi cela sert-il à l'âne lui-même d'avancer ?
Exemple concret, ce sont les soldes en ce moment en France.
J'imagine la course à l'article le plus soldé, la frénésie de l'achat repéré dans la vitrine avant Noël, la jouissance de se dire qu'on va pouvoir posséder cet objet, l'achat lui-même, et hop, mis dans un sac, mis dans une armoire, porté trois fois et entassé avec les soldes de l'an dernier, comme couche préparatrice aux soldes d'été à venir, une sous-couche à la prochaine frustration. Ca c'est pour ceux qui ont "la chance" d'avoir de l'argent, pour les autres, quelle torture de voir les autres justement faire les soldes, de se dire qu'on "ne peut même pas faire les soldes !" ou alors "juste acheter un petit truc" pour se faire plaisir.
En fait les deux phénomènes sont exactement les même, l'un est assouvi et prépare au prochain désir, l'autre est inassouvi et attend la libération d'un achat pour passer au prochain. Il en va de même avec les écrans plats, les voitures etc.
Alors quoi, se priver de tout ? La voie du milieu est toujours la meilleure, chercher à comprendre et à reconnaître de quoi l'on a besoin et ce qui nous donne réellement une satisfaction est une très bonne solution.
Ce qui est drôle est que la nature humaine est faîte ainsi, tous les hommes ont ces pulsions, tous, même les bonzes.
Chaque jour est un exercice pour rester au milieu de la voie, trouver cet équilibre, voilà ce qui est passionnant, rien n'est découvert et gardé, rien n'est pris et sauvegardé.
Le premier principe du bouddhisme est l'impermanence en toutes choses. Rien ne reste, tout passe, tout apparaît et disparaît, tout revient et tout s'efface.
N'est-ce pas magnifique de savoir que rien ne reste ?
Tout est à apprécier maintenant, pas plus tard au travers des souvenirs qu'on se construit ou qu'on imprime.
Enfants, nous le savions, naturellement.
Tout comme le corps humain a besoin de manger, pour etre lumière, nous devons nous connecter à la lumière chaque jour, ce n'est pas une chose que l'on trouve et que l'on garde, encore une fois.
Voici les principes de la méditation, de la prière aussi, au sens premier du terme, quelque soient les religions et les manières de prier, de se connecter, pas celle qui attend des miracles d'un dieu extérieur !
Dome, mon ami bonze me confiait que beaucoup de prêtre se trompent de voie et ne sont pas du tout dans la bonne. Certains demandent l'illumination au bouddha, mais ceci devient un désir, un objet et est donc l'inverse du bouddhisme.
Tout réside dans l'action, tout est lié, la manière d'être, de se comporter, de respecter les choses, les gens, le monde.
C'est peut-être ça qui mène le sentiment d'apaisement ici et qui fait sentir ce sentiment de frénésie ou de malaise chez nous, de méfiance dirons-nous.
Ici, beaucoup de choses sont libres et soumises au libre arbitre. Les lois existent et elles sont sévèrement appliquées, mais ce sont des choses qui touchent peu à la liberté individuelle.
Ici la liberté individuelle est comprise dans la liberté de tous.
Ainsi, faire un acte malveillant pour la liberté des autres n'est pas logique.
C'est l'inverse qui se fait naturellement, l'aide, l'entre-aide, le soutien, le sourire, l'amabilité. Elle sert aux autres, elle sert soi-même, elle sert l'harmonie.
En fait le désir et l'envie ne sont là que pour nous amener à la prochaine pulsion de désir, de passion. une fois assouvi, une fois l'objet du désir atteint, on retombe dans un vide qui ne peut être vécu que de deux manières :
- Inventer un nouveau désir, qui nous mènera au prochain et le prochain au prochain...
- accepter ce vide en nous, l'apprécier et partir à la recherche de ce qu'est ce vide. C'est là que l'expérience commence vraiment, on se rend compte que le vide n'existe pas, que nous avons en nous-même des ressources et des contrées mille fois plus riches que le plus grand des désirs terrestres.
J'ai compris au temple que la perte de la femme que j'aime fait partie des choses, elle est morte maintenant, que ce soit maintenant ou plus tard, elle serait morte de toute façon, comme je mourrai.
Les choses sont, uniquement. Elles sont.
Le reste n'existe pas.

La véritable spiritualité se reconnaît dans la façon de vivre et d'aborder l'existence...
RépondreSupprimerMerci de nous faire partager une émotion, un sentiment, une réflexion à travers ton témoignage.
"La spiritualité... demande d'abord une culture du coeur, une immense force, une intrépide sans faille. Les couards ne peuvent satisfaire à une morale." Gandhi.
Je crois qu'on ne peut vivre la spiritualité que si l'on vit pour soi et qu'on ne peut vivre pour soi que si l'on touche la spiritualité. Encore une fois c'est une histoire de forces, d'énergies qui se nourrissent les unes les autres. Merci pour votre commentaire.
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