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lundi 25 janvier 2010

Emirats Arabes Unis, visite de Dubaï

Emirats Arabes Unis, Dubaï, le 12 janvier 2010

Nouvelle escale aux Emirats sur le chemin qui me ramène en Europe. Escale choisie de 10 h pour avoir le temps de sortir de l'aéroport et de faire un petit tour dans la capitale des démesures, parait-il.





Pas de soucis de visa pour les français, celui-ci est accordé immédiatement et pour 30 jours. Le métro tout neuf, pas encore tout à fait fini, vient desservir l'aéroport, il est donc très très simple de se rendre au centre de Dubaï, de voir la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa ou Burj Dubaï ; 828 m de haut et 160 étages !
Le métro d'abord est d'une propreté pareille à celle de l'aéroport, à faire pâlir un suisse. C'est nikel, voir plus, on s'attend presque à devoir enlever le film de protection de chaque élément composant le décor.
Ceci est d'autant plus frappant que je suis presque seul dans la station de métro. Cela apporte à la sensation d'immaculé.
Les gens sont très affables à partir du moment où on leur sourit, ils répondent très aimablement et s'inquiètent de savoir si tout va bien pour vous.
Au premier abord, les hommes surtout, peuvent paraître hautains et froids, le costume, djelaba d'un blanc éclatant, boutons de manchettes à brillants très brillants - non, ce n'est pas du zirconium mais bien des diamants - montres en argent imposantes, et voile maintenu par un accessoire en corde noire très design, le costume donc peut impressionner.
Je crois que cette attitude neutre est finalement plus une façon de respecter que de prendre de haut, ceci se voit tout de suite au premier contact parlé.
Le prix de l'aller retour en métro est de 2,5 euros, très raisonnable.
Je monte donc dans le tube aérien qui me fait survoler Dubaï, une impression très agréable.
La vue est dégagée, quelques tours au loin, beaucoup de grues.
Je m'arrête à la tour Burj Dubaï, aiguille plantée dans une terre aride, sur une peau ridée, habillée de parure, de bijoux, ointe de mille onguents ; c'est en effet très haut.
Les voitures roulent tranquillement, gardant sage toute la puissance des moteurs de très grosses cylindrées.





Ici, il n'y a pas de taxes de l'état, tous les biens de consommation sont donc 20% moins chers que partout ailleurs. Pas de petites voitures donc, enfin sauf si un BMW X5 est considéré comme une petite voiture évidemment.
Je marche un peu, c'est sympa, calme, apaisant, je reprends le métro pour me rendre au l'Emirates Mall, complexe de shopping très important contenant Carrefour, oh fierté nationale... et le fameux "ski Dubaï", piste de ski complètement artificielle évidemment, construite en plein milieu du désert donc, improbable !
Ici, on se rend compte de ce que l'homme sait et peut faire, avec de l'imagination, des sous, et sans retenue, j'aime bien ce côté dément.
J'arrive donc dans le centre de shopping, les magasins sont encore fermés, il est 8h10, ils n'ouvrent qu'à dix heures. Je me ballade rapidement pour aller trouver un taxi qui me mènera à la marina, l'un des palmiers totalement artificiel gagné sur la mer, palmier, car la forme des terres remblayées forment un palmier, à un autre endroit, un orque, ici un calamar...
Dans des milliers d'années, quand une nouvelle espèce sera dominante sur terre, et si elle a la curiosité de se rendre dans les airs, elle pourra contempler ces dessins improbables comme nous le faisons, nous, des dessins géants laissés à Nazca et Tarapaca dans le désert péruviano-chilien.
Je marche dans les allées vides alors que le soleil monte dans le ciel au travers des vérandas.
Je suis dans un espace totalement artificiel, ou règnent les marques.
Je suis dans un des temples de la consommation, du culte du matérialisme et de son dieu argent, dans la basilique Sainte pierre d'Emeraude, je traverse une clairière souterraine au milieu de cette jungle foisonnante de devantures rutilantes et là, à ma très grande surprise que ne vois-je pas passer ? Un troupeau d'éléphants, enfin d'éléphantes marchant d'un bon pas. Des américaines vêtues de shorts, bien dodues, marchent "sportivement", levant haut les coudes et se déhanchant suivant les pistes les menant sans doute à un endroit où elles se restaureront.
C'est très drôle, on est vraiment dans une métaphore totale de la vie sauvage, dans un environnement complètement artificiel, créé de A à Z. Là, je vois la pancarte "Ski Dubaï" qui vient parfaire le tableau. C'est énorme, enfin pas très grand mais énorme dans le sens incroyable.
Ils l'ont fait, ils ont jeté les prémices d'un monde reconstitué dans une athmosphère et un lieux où il est normalement impossible de créer cela.
Les Emirats, c'est l'avant Marsianisation par l'homme, j'ai l'impression que l'on a concentré tout ce que serait notre société poussée à son paroxysme et ayant atteint une autonomie complète, recréant à sa sauce les vestiges du souvenir de la terre comme elle fût. C'est glauque et excitant, c'est une vraie expérience.
Je retrouve donc une piste de ski, un télésiège "classique", des sapins, de la neige et un café traditionnel savoyard, le Saint Moritz, avec ses tables en bois et ses cheminées. Cheminées qui crépitent encore du feu de la veille, en lieu et place du foyer, un écran indiquant "no signal" "AV1" sur un fond bleu.




Ici flamberont des bûches vidéos, très bientôt, pendant que les skieurs éreintés par leur journée de plein air (euh de pleine salle pardon), viendront boire un chocolat chaud ou un verre de vin à la cannelle avant de sortir du complexe par une température de près de 50° parfois en été.
Je pense que nos enfants vivront cela comme leur réalité de chaque jour, sans toutefois pouvoir sortir jamais de la salle... Ils passeront d'une salle de neige à une salle de pluie, puis à une autre de soleil, si la pollution continue de croître et que nous nous évertuons à détruire le monde qui nous a créé pour en créé à notre tour un à l'image de ce dont on se souviendra de l'ancien. Ceci, sans poésie, sans surprises, tout en contrôle et en planifications, un monde à l'allure vivante, mais finalement plus que mort ! Un monde de la consommation, sans contemplation, sans ce plaisir simple de juste sentir le froid entrer dans la gorge en haut d'une montagne en se disant, en ne se disant rien justement, juste en contemplant.
Ne vit-on pas déjà souvent dans cette configuration ?




Et moi, je suis venu en avion ici... Je souhaite un jour avoir le courage de prendre le temps de voyager à dos d'âne, à pieds, à cheval... Je dois trouver cette force.
Je suis vraiment très chamboulé par cette expérience, mélange de fascination et de tristesse, je ris seul, époustouflé par l'exploit et incrédule comme Taylor (Charlton Heston) découvrant le bras émergeant du sable de la statue de la liberté, à la fin de "la planète des singes" de Schaffner en 1968.
Je continue donc jusqu'à un taxi pour voir la marina, je payerai 5 euros. Le chauffeur est pakistanais, comme beaucoup de taximan apparemment, ce n'est pas son métier. Il est parti du Pakistan pour trouver une vie meilleure, il l'a trouvée, il est content. Auparavant il travaillait dans une ONG aidant les réfugiés ! L'ironie du sort.
Il y a très peu de monde dans les rues, beaucoup de taxis tournent, vides. Un autre chauffeur m'expliquera que depuis 2008, il n'y a plus personne à Dubaï, avant il fallait deux heures pour trouver un taxi, aujourd'hui ce sont les taxis qui attendent 2 heures pour trouver un client.
Les constructions continuent ceci dit, la ville est en plein boom à ce niveau, tout sort de terre ou de mer, mais pour qui construit-on cette odyssée dans le désert ?
Quel monde surprenant que le nôtre !





lundi 11 janvier 2010

Tentations matérielles

Et voilà, je rentre du night bazar à Chiang Mai, une sorte de grand marché de nuit.
J'y suis allé pour y manger des fruits de mer, bulôts, huîtres cuites et langoustines, tout ceci fort délicieux ma foi, après 5h de cours de massage.
Je souhaitais aussi trouver deux ensembles de kimono pour les massages que je ferai en rentrant. Les vêtements doivent être amples, autant qu'ils soient beaux également. Ici les prix sont vraiment plancher, puisque chaque ensemble m'a couté 9 euros. J'en ai pris deux, un pour les femmes, un pour les hommes, pas de couleurs criardes, restons sur les forces contrastes, un noir et un blanc.
Et puis, j'ai aussi acheté un couvre-lit en soie très beau, il me servira à recouvrir ma table de massage, j'ai envie de créer une ambiance simple et belle.
Sur le pan de tissu de soie vert, un éléphant, force tranquille.
J'en ai profiter pour acheter une écharpe en soie pour ma maman et quelques autres babioles qui m'ont semblé pertinentes.
Chaque fois je me disais, est-ce nécessaire ? Non, nécessaire, non, je veux dire, considérant l'aspect uniquement sous le jour de la nécessité absolue.
Est-ce que ces choses vont faire plaisir, vont améliorer un confort, une image, mettre dans une ambiance, accrocher des souvenirs ou des moments importants à un objet ? Oui.
Pour ma part, je me détache de plus en plus des objets, jusqu'à avoir boycotté Noël et ses cadeaux totalement, mais, je me rends compte que beaucoup de personnes voient dans l'objet la résonance de quelque chose, d'un sentiment, d'une émotion.
Je pense alors qu'il est bien de reconsidérer mon point de vue, un peu. Ne pas considérer les objets de la même manière pour moi-même et pour les autres.
Ainsi, je crois avoir acheté des objets dans une voie qui est encore le désir mais qui sait toutefois faire la art des choses, enfin presque tous les objets que j'ai acheté...
Oui, je me suis fait prendre au piège de mon désir. Ici la soie est belle et bon marché.
Je ne mets pas de cravate, mais j'en ai vu une très belle, en soie blanche, bouton de manchette et pince assortis, je me suis laissé guidé par mon désir.
Qu'ai-je pensé ? J'ai pensé :  je la mettrai à un mariage, peut-être au mien un jour, et ce jour là je me rappellerai ce que j'ai vécu ici, dans les temples, entre le jour où je suis arrivé, vraiment cassé par la perte de Stefi et le jour où j'en suis reparti, serein. Alors oui, je suis tombé en plein dans ce que je décrivais hier, la projection sur l'objet, et la projection dans le futur.




J'ai donc failli à ma spiritualité. Je ne m'en sens pas coupable du tout, j'en suis même heureux, chaque jour est ce challenge, qui si il est relevé, nous grandi.
Si il est pris dans l'autre sens, on perd un peu de puissance, simplement, qu'on retrouvera demain, en faisant ce qu'il faut.

Cette cravate m'a couté 4 euros, on peut se dire, ce n'est rien, pourquoi se prendre la tête pour 4 euros ? C'est justement là que tout commence en fait.
Quelque soit le prix du désir inutile, il reste inutile.
En revenant je passais dans le quartier chaud, des dizaines de filles m'interpelant, certaines professionnelles, d'autres non. J'en parlais avec un des bonzes hier. Le problème n'est pas une question de morale en fait, je veux dire de morale sociale, le problème est dans l'action de mentir.
Avoir des relations avec des femmes en mentant, c'est à dire en le faisant sans amour et en achetant la relation (directement ou indirectement (diner, etc.)) procède exactement du même processus. Peu importe que la femme soit une pro ou non, le mensonge nous fait perdre de la puissance, de l'énergie, il nous attire vers le bas, de l'intérieur, rien à voir avec le jugement des autres.
En fait ceci explique, je crois, ce sentiment de lassitude ou de vide éprouvé par bon nombre d'hommes et de femmes qui séduisent pour satisfaire un objet de désir.
moi le premier, évidemment je suis tombé et tombe dans ces travers, mais je n'en avais pas une conscience aussi claire auparavant, ce qui me faisait ne pas savoir finalement où je mettais les pieds.
Le mensonge prime et la satisfaction est un leurre. Une fois le désir attrapé, il faut passer à un autre, etc.
Chaque jour est donc une nouvelle aventure pour tenter de conserver son énergie et de la faire croître.
Il ne s'agit pas là d'affabulations, cela fonctionne réellement. La puissance ne sert pas à obtenir de nouvelles choses, de nouveaux objets du désir, on ne devient pas plus efficace ou meilleur vendeur, ou plus riche financièrement, non, on gagne en apaisement et en relativisme.

jeudi 7 janvier 2010

Majesté et calme

Chiang Mai est une ville du nord de la Thaïlande qui regorge de temples. Certains sont humbles, d'autres plus richement parés.
L'humilité est à la base du bouddhisme puisque le nirvana, but du travail de la méditation, est finalement une ataraxie, ne plus penser, ne plus se laisser mener par ses envies et désirs.





Cela parait triste sans doute à ceux qui n'ont pas de connaissance de ce que cette pratique, cette hygiène spirituelle, apporte.

N'oublions pas que l'ataraxie est présente chez Epicure et les sceptiques.
Alors comment peut-on être Epicurien et sans désirs me direz-vous ?
Et bien justement, c'est là que la magie opère, l'Epicurisme est bel et bien une jouissance de chaque instant qui mène au bonheur et non pas, comme dans le désir, l'appui sur une chose extérieure, un objet, matériel ou humain (on a souvent tendance à confondre amour et désir d'ailleurs) qui lui, le désir, vous retire votre bonheur de l'instant pour le pendre à une perche devant vous.
C'est l'histoire de la carotte et de l'âne. Suspendez une carotte devant le nez de l'âne, il avancera toujours, tiré par son désir. Il sera toujours malheureux car jamais  satisfait.
Donnez la carotte à manger à l'âne, il stoppera pour la manger, ne pensant à rien d'autre qu'à sa satisfaction de l'instant, heureux.
Oui mais alors il n'avance plus me direz-vous ! Certes mais à quoi cela sert-il à l'âne lui-même d'avancer ?





Exemple concret, ce sont les soldes en ce moment en France.
J'imagine la course à l'article le plus soldé, la frénésie de l'achat repéré dans la vitrine avant Noël, la jouissance de se dire qu'on va pouvoir posséder cet objet, l'achat lui-même, et hop, mis dans un sac, mis dans une armoire, porté trois fois et entassé avec les soldes de l'an dernier, comme couche préparatrice aux soldes d'été à venir, une sous-couche à la prochaine frustration. Ca c'est pour ceux qui ont "la chance" d'avoir de l'argent, pour les autres, quelle torture de voir les autres justement faire les soldes, de se dire qu'on "ne peut même pas faire les soldes !" ou alors "juste acheter un petit truc" pour se faire plaisir.
En fait les deux phénomènes sont exactement les même, l'un est assouvi et prépare au prochain désir, l'autre est inassouvi et attend la libération d'un achat pour passer au prochain. Il en va de même avec les écrans plats, les voitures etc.
Alors quoi, se priver de tout ? La voie du milieu est toujours la meilleure, chercher à comprendre et à reconnaître de quoi l'on a besoin et ce qui nous donne réellement une satisfaction est une très bonne solution.
Ce qui est drôle est que la nature humaine est faîte ainsi, tous les hommes ont ces pulsions, tous, même les bonzes.
Chaque jour est un exercice pour rester au milieu de la voie, trouver cet équilibre, voilà ce qui est passionnant, rien n'est découvert et gardé, rien n'est pris et sauvegardé.
Le premier principe du bouddhisme est l'impermanence en toutes choses. Rien ne reste, tout passe, tout apparaît et disparaît, tout revient et tout s'efface.
N'est-ce pas magnifique de savoir que rien ne reste ?
Tout est à apprécier maintenant, pas plus tard au travers des souvenirs qu'on se construit ou qu'on imprime.
Enfants, nous le savions, naturellement.



Tout comme le corps humain a besoin de manger, pour etre lumière, nous devons nous connecter à la lumière chaque jour, ce n'est pas une chose que l'on trouve et que l'on garde, encore une fois.
Voici les principes de la méditation, de la prière aussi, au sens premier du terme, quelque soient les religions et les manières de prier, de se connecter, pas celle qui attend des miracles d'un dieu extérieur !
Dome, mon ami bonze me confiait que beaucoup de prêtre se trompent de voie et ne sont pas du tout dans la bonne. Certains demandent l'illumination au bouddha, mais ceci devient un désir, un objet et est donc l'inverse du bouddhisme.
Tout réside dans l'action, tout est lié, la manière d'être, de se comporter, de respecter les choses, les gens, le monde.
C'est peut-être ça qui mène le sentiment d'apaisement ici et qui fait sentir ce sentiment de frénésie ou de malaise chez nous, de méfiance dirons-nous.
Ici, beaucoup de choses sont libres et soumises au libre arbitre. Les lois existent et elles sont sévèrement appliquées, mais ce sont des choses qui touchent peu à la liberté individuelle.
Ici la liberté individuelle est comprise dans la liberté de tous.
Ainsi, faire un acte malveillant pour la liberté des autres n'est pas logique.
C'est l'inverse qui se fait naturellement, l'aide, l'entre-aide, le soutien, le sourire, l'amabilité. Elle sert aux autres, elle sert soi-même, elle sert l'harmonie.

En fait le désir et l'envie ne sont là que pour nous amener à la prochaine pulsion de désir, de passion. une fois assouvi, une fois l'objet du désir atteint, on retombe dans un vide qui ne peut être vécu que de deux manières :
- Inventer un nouveau désir, qui nous mènera au prochain et le prochain au prochain...
- accepter ce vide en nous, l'apprécier et partir à la recherche de ce qu'est ce vide. C'est là que l'expérience commence vraiment, on se rend compte que le vide n'existe pas, que nous avons en nous-même des ressources et des contrées mille fois plus riches que le plus grand des désirs terrestres.





J'ai compris au temple que la perte de la femme que j'aime fait partie des choses, elle est morte maintenant, que ce soit maintenant ou plus tard, elle serait morte de toute façon, comme je mourrai.
Les choses sont, uniquement. Elles sont.
Le reste n'existe pas.

dimanche 3 janvier 2010

Temples et massages

Je sors du bureau de la pseudo TAT sans info supplémentaires finalement, sauf qu'un train part demain soir pour Chiang Mai. L'avion est cher à cette période, beaucoup plus qu'il y a quelques mois.
Je déambule et passe devant une entrée où les gens s'arrête pour faire ce geste que je vois déjà mille fois par jour, joindre les mains, fermer les yeux et incliner le haut du corps vers l'avant en signe de respect.
D'autres personnes entrent dans le sanctuaire. C'est un temple, le temple du bouddha d'or.
J'entre en observant bien les gens, leurs attitudes, les directions qu'ils prennent. Il y a en fait un temple et trois hôtels plus petits autours d'un jardin ou baignent dans des vasques des fleurs de lotus.
J'entends une musique lancinante et merveilleuse, des harmoniques humaines se lever de dedans le temple. Des femmes arrivent, me sourient, elles retirent leurs chaussures et montent les petits escaliers que je n'ai pas oser gravir seul. Je leur demande si je peux les suivre. Elles me répondent que oui, il faut simplement retirer ses chausses et les laisser à l'entrée.
Les portes dorées encadrent un bouddha d'or à l'entrée du temple.
A l'intérieur, des bonzes agenouillés chantent leurs prières orangées des saris sacerdotaux.



Je ressens quelque chose de très spécial, j'ai l'impression de rencontrer la source, tout devient futile, seuls ces chants emplissent tout et vide tout en même temps.
Et puis il y a ce chat, pris en photo et en vidéo en transe complète alors qu'il se tient sous la fenêtre des prières... impressionnant.



Je reste un bon moment là, les femmes sont déjà parties. Je continue ensuite la visite des petits hôtels de prière. Des bâtons d'encens sont présents, cinq tiges doivent être brûler et offerte au Bouddha en les plantant dans les jarres de sable. L'odeur est très agréable. On peut ensuite se rapprocher de la statue et lui offrir une composition de fleurs jaunes, des fruits, des légumes...



Je trouve une certaine joie dans les prières, même de la part des gens qui viennent là, il n'y a pas cette lourdeur présente dans les églises catholiques, cette sensation d'être un pêcheur quoiqu'on fasse, cet écrasement non plus liés aux architectures.
Ici l'environnement élève et rassure. La prière semble plus ouverte.
Cette première expérience est une véritable rencontre pour moi. Je pense que c'est sans doute lié à la découverte également.



Je sors du temple pour me diriger vers l'hôtel. Je suis très fatigué maintenant, un petit massage, une soupe et au lit.
Des salons de massages sont présents tous les dix mètres, c'est impressionnant.
Comme toujours je vais éviter ceux des rues principales, ceux où les touristes (étrangers comme Thailandais) se font masser dans la rue, exposés comme des publicités vivantes au regard des passants.
Je marche dans une petite rue sombre où il n'y a personne. N panneau indique un salon de massage, c'est là que je le sens pour moi.
Derrière des arbustes, deux personnes attendent en discutant, je passe le nez, elles m'accueillent en souriant.
Je choisis un massage des pieds et des jambes, après l'avion, cela va sans doute m'être salvateur.
Je ne m'attends à rien, limite à ce qu'on me demande de me mettre au sol sur une natte.
En fait, on me lave les pieds méticuleusement, avec grand soin et douceur. Le femme qui opère est celle qui me fera le massage.
Une fois l'opération faite, elle ouvre une porte, là se trouve le salon de massage. C'est très simple et très beau. Six matelas sont posés sur une natte surélevée, chaque lit est recouvert de draps blancs et bruns. Sur chacun est posé une fleur. On m'invite à m'allonger.
Le massage commence doucement mais fermement.
Je ne savais pas que les pieds regorgeaient de tant de sensations, c'est tout simplement incroyable.
Certains points pressés sous le pieds ont un effet immédiat sur des images visuelles ou des sensations corporelles autres, l'estomac, la poitrine...
Certaines pressions font voir des couleurs gustatives, des images animées, un peu comme les animations  d'illustration de musique sur Itunes.
Je suis complètement conquis par tout cela. La manière dont cette femme que je ne connais pas du tout s'occupe de mon corps pour lui faire du bien. Je ressens un réel don, pas simplement de la manipulation. Des énergies passent, elle ressent des choses, les énergies se parlent. Elle, est beaucoup plus détendu qu'au début, elle est plus douce et considère de plus en plus mon corps comme habité par un être.
La demie heure commandée initialement est passée, je lui demande si il est possible de me faire masser le dos maintenant.
Par dessus les vêtements, le massage est fort et j'aime cela.
Je ferai un autre massage aux huiles le lendemain, pour moi, moins agréable car moins profond.
Je suis littéralement apaisé. A la fin du massage, on me fait asseoir sur un fauteuil en cuir et on m'offre un thé, tiède, regorgeant de saveurs que je ne connais pas. C'est parfait.
L'heure de la soupe est arrivée.
Le stand d'à côté m'ira très bien, en face d'un bar. Je commande de  la pastèque broyée en guise de boisson - incroyablement bon - et une soupe au poulet et noix de coco.
Le bol chaud arrive, je plonge ma cuillère dans le liquide blanc !
Un ange passe, tout s'arrête.
Encore une fois, des lumières s'allument dans mon cerveau, c'est un vrai sapin de Noël... Les saveurs, ces saveurs sont les instruments d'un concerto donné par le plus grand des orchestre ; la cardamome, la citronnelle, le gingembre, les haricots, le choux fleur croquant, tout est délicieux. Ma dent croque dans un piment ! Des larmes montent à mon œil gauche et je ris tellement c'est agréable et fort !
Le poulet fond dans la bouche, c'est exquis.
Je regarde autour de moi le spectacle qui s'anime. Des couples s'installent sur les terrasses et commandent tous une grande bouteille de Whisky. Quand je dis des couples, ce sont souvent deux hommes ou deux femmes. Ils s'installent pour discuter et faire des rencontres, tous avec ce même rituel, ensuite, ils se tournent vers la rue en position ouverte à la rencontre. des regards, des sourires.



Il vaut mieux ne pas venir en Thailande avec son ou sa chéri(e) si la jalousie est son fort car ce serait tout simplement un calvaire insurmontable, voire du suicide.
D'abord, les gens sont très souriants et avenants pour toutes les situations, ensuite les filles des bars (pas forcément des bars à hôtesses) ont des corps très fins et très sculptés, ce qui, je l'ai vu, rend parfois, à tord, mal à l'aise certaines européennes plus en chair.
Les serveuses sont bien sûr en partie choisie pour attirer la gente masculine, n'oublions pas que nous sommes des animaux, n'en déplaise aux occidentaux perclus de freudisme qui trouveront là les pires des maux, des névroses et des maladies mentales. A bien y regarder, je crois que le respect de notre nature éviterait justement que des gens ne voyagent à l'autre bout du monde pour trouver un endroit où leur nature peut vivre simplement. Nature qui du coup devient exagérée par un certain manque initial et pousse à des comportements exagérés parfois. Ce qui est triste c'est que ce tourisme sexuel est très lié à notre fonctionnement très fermé sur les rapports humains.

Inutile donc de jeter la pierre à ceux qui le consomme seulement, c'est un ensemble qui crée la situation, ceci étant vrai aussi bien pour les hommes que pour les femmes d'un certain âge, elles, se tournant plutôt vers l'Afrique.
Bien entendu, je parle ici des relations entre adultes consentants et uniquement de cela. Tout ce qui touche à l'exploitation enfantine est absolument hors de ces propos et est pour le coup à proscrire totalement et à soigner pour les gens atteints de cette maladie déviante.
La soupe parfait de me détendre.
Je vais me coucher, serein.
J'ouvre la fenêtre de la chambre, les bruits de la rue montent, le ventilateur ventile,  la nuit est douce, bruyante mais enveloppante. Je me sens bien au milieu des hommes.

Bangkok

Le voyage en avion est agréable jusqu'à Bangkok, si ce n'est qu'il est difficile de dormir, la climatisation est assez forte, il fait frais et les places sont plus exigües que dans l'Airbus A380 qui est réellement un appareil surprenant de confort.
Je discute un peu avec ma voisine, allemande, fort sympathique derrière son look très rebelle, tatouages et piercing.
C'est une artiste, elle fait son quatrième long voyage en Thaïlande.
Nous partirons ensemble de l'aéroport de Bangkok vers le centre-ville. Premièrement, il est toujours mieux de partager le prix de la course en Taxi, de plus Natasha souhaite m'emmener dans un Guest-house de sa connaissance, bien et pas cher, ce qui me va plutôt très bien.
De grandes sculptures accueillent les voyageurs arrivés de vols internationaux au royaume de Siam. Ces sculptures présentent des guerriers très colorés faits de faïence et d'histoire.
L'aéroport est climatisé bien entendu, je porte un jean et des baskets. C'est à l'ouverture des portes du hall vers l'extérieur que je me suis pris une réelle vague de chaleur caressante.
Des gouttes coulent immédiatement le long de mes jambes en commençant par l'arrière des genoux. Mes pieds me brûlent presque instantanément dans des baskets bien fermées.
Un sapin de Noêl clignotte, il est midi ici, bientôt 24 réelles heures que je n'ai pas dormi, je commence à le sentir.




Nous nous engouffrons dans un taxi rose métallisé, les sièges sont couverts de housses en skaï beige à motifs cashmeer, en relief.
Le soleil tape sur le pare-brise arrière de l'auto. Je sens la puissance de ses rayons dans mon cou. C'est agréable.
Le trait lumineux rend les motifs des sièges plus clairs sur le dos du siège passager.
Première chose à acheter, de la crème solaire, que dis-je de la pâte solaire !
Le trafic est fluide sur l'autoroute, il n'en sera pas de même à l'arrivée dans le centre-ville, premier jour de l'an oblige. Malgré la fermeture des boutiques, il y a beaucoup de gens et de passages en ville.
Nous nous arrêtons dans le centre-ville, dans une petite rue piétonne perpendiculaire à une grande artère très bruyante.
Les tuk tuk passent à grande vitesse derrière notre dos, claxonant ce qu'ils peuvent pour se frayer un chemin dans la circulation, clignotant de mille couleurs en feux de stop ou de décoration.





Une bouteille d'eau glacée sera mon premier achat Thaï.
La langue Thaï est très chantée et agréable à mes oreilles. Seules quelques voix féminines énervées transforment cette mélodie en vacarme claquant très aigüe.
La langue se transforme alors en une suite de vocables insupportables, dans des fréquences sonores qui fleurtent avec les ultra-sons. Ces sons sont entrecoupés de cisailles phonétiques impressionnantes de contraste avec le reste.

Je trouve finalement un hôtel qui me plaît en passant devant, pas cher, bien placé.
Une fois de plus je n'ai rien réservé, je fais chaque chose au jour le jour et ça me va bien.
La chambre est vaste, le lit très très large, de quoi coucher 3 personnes aisément.
J'avais le choix d'une chambre climatisée, j'ai préféré une chambre avec un ventilateur et les bruits de la rue montant depuis la fenêtre ouverte.
Pour moi, c'est ça le voyage, ne pas s'enfermer dans son confort et surtout ne pas se couper du monde que l'on souhaite découvrir et goûter.
Il fait 32°, j'aime avoir chaud de la sorte, c'est une sensation qui m'est douce.
Ma peau est moite, chaque mouvement me fait sentir l'air envoyé par le ventilateur tournant.
Le contact de ce petit vent rafraîchit mon corps transpirant.
La nécessité de se couvrir perd complètement son sens, des tongs suffiraient pour ne pas se blesser les pieds et finalement, soyons francs, elles servent surtout, dans un hôtel, à ne pas se ramasser en sortant de la douche sur un sol lisse et mouillé.
Je sors me balader. J'adore faire un tour sans but dans la ville où j'arrive, chaque fois, c'est une sensation d'inconnu formidable.
J'aime me perdre, sentir les odeurs, les effluves de grillades, les parfums d'épices.
Tout ceci ne sent pas toujours très bon, les odeurs d'animaux, d'humains fatigués, de merde et de gaz d'échappement participent de cet effort d'identité particulière.

Je rencontre un homme en scooter qui s'arrête pour me parler, il ne me vend rien , c'est simplement pour échanger. Il est prof d'art et vient de Chiang Mai, plus au nord.
Il me dit de booker mon voyage auprès de la TAT, l'office nationale du tourisme Thai, je dois le faire dès maintenant pour ne pas être pris par le week-end et la fermeture de l'institution durant une semaine, ce sont les vacances ici.
Un tuk tuk passe, il l'arrête et lui donne des instructions pour m'emmener directement à l'office qui ferme dans une heure. Il insiste sur le fait de s'y rendre directement et négocie un prix imbattable pour la course.
Nous partons, le Tuk Tuk stoppe devant une devanture où il est inscrit T.A.T. A l'intérieur, un panneau barre le mur à l'effigie de l'Office du tourisme. J'y suis, enfin je crois y être...

On me saute dessus littéralement, pour me proposer les tours les plus intéressants.
Et puis on me demande mon budget... Ca commence à sentir une drôle d'odeur d'empapaoutage.
Normalement le TAT ne vend rien, là on vend tout, évidemment à des prix imbattables soi-disant mais somme toute plus élevés qu'en réservant les choses seul, avec moins de liberté et dans des endroits proposant des prestations plancher.

On me presse pour acheter un package, il faut faire vite, beaucoup de touristes...
Moi, évidemment plus on me presse, plus ça m'amuse de faire perdre le temps aux gens qui pensent m'abuser, j'aime voir les manières de faire, les rebondissements, les argumentations. Tant que je suis là, autant apprendre sur les ficelles de l'enroulage dans les règles.
Je pars en n'achetant rien. Beaucoup de touristes se font "avoir", même si les tarifs proposés ne sont pas ici exhorbitants, c'est plus l'idée de vendre à tout prix, en ne se souciant pas de ce que souhaite la personne visitant le pays qui est dommage.
Escroquerie, le mot est vite lâché, ceci dit, ces abus de confiance seraient vite évités si les touristes faisaient un peu plus preuve de réflexion et si eux-même s'intéressaient plus à la culture qu'aux plages de sable blanc (ce qui est très bien aussi entendons-nous bien).
Bien sûr, le fait de marquer en gros TAT pourrait être pris comme de l'escroquerie si en dessous n'était pas marqué licence N°..., ceci montre donc le N° de licence de l'entreprise de voyage, licence obtenue auprès du TAT.
Bon évidemment, c'est de la filouterie, la même filouterie présente dans les toutes les petites lignes de nos contrats d'assurance ou des packaging de produits de consommation. Pour un paquet de céréales quelconques :
Ecrit en gros : AVEC DES VRAIES FRAISES
Ecrit en petit, tout petit : contient 0,011g de fraise déshydratée pour 100g...

Les meilleurs fonctionnements restent universels !

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Formateur et conseil en communication sur mesure. En savoir plus sur mon profil pro Facebook : Stéphane lemaire Leonard Interventions en entreprises et en écoles de commerce : Médias, communication, marketing et rédaction publicitaire, management, accompagnement à l'équilibre des systèmes, communication interpersonnelle et culture générale. Co-fondateur, associé et dirigeant du "Cabinet de curiosité" (Groupe de communication) jusqu'à fin 2008. Féru d'art (Master de l'école des Beaux Arts) et d'histoire (études d'agrégation) ; Passionné d'arts martiaux "d'accompagnement" (Aïkido, Capoeira). Un très fort intérêt pour les croyances et cultes ainsi que les sciences. Diplômé de l'école de massage Thaïlandais de Chiang Maï. Pratique de l'hypnose et auto-hypnose comme outils de reprogrammation mentale. Auteur, je suis également chroniqueur culturel pour "mon œil" de TéléNantes et rédacteur sur suite101.fr Je me consacre également à la conception de programmes culturels trans-médias. Interventions en français, anglais, espagnol, portugais (du Brésil).