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jeudi 2 juillet 2009

De retour à la maison

Voilà, je suis de nouveau à Buenos Aires.
J'apprécie beaucoup de revenir, j'aime cette ville, l'atmosphère, elle a une âme particulière. Entre douceur de vivre et sursit, entre inspiration et souffle, elle est pareille au Tango, elle palpite, tremble et rougit parfois, elle se tord, timide pour ensuite se cambrer de sensualité.

Beaucoup d'occidentaux se sentent comme chez à Buenos Aires, comme chez eux, parfois mieux que le vrai chez eux. D'où cela peut-il bien venir ?
Buenos Aires est un comptoir Européen qui a créé sa propre identité à partir des vagues de migrations successives. D'aucun diront que c'est une identité qui n'en est pas une...
Je m'explique : En Argentine, le besoin de fédération est très fort dans un pays construit à partir de rien, ou plutôt à partir du génocide des natifs, tous exterminés. L'Argentine est un territoire énorme où les identités sont nombreuses et variées. Le drapeau Argentin est le signe de ralliement de ces populations (avec le foot et la parillada), toutes descendantes d'Européens ou d'Andins.
L'Argentine s'est construite grâce au désir d'indépendance des premiers Argentins nés sur le sol Américain, tous descendants d'Européens. Ils ont voulu créé leur pays, indépendant du pouvoir Espagnol, jusqu'alors dirigeant des territoires d'Amérique du Sud.
Ainsi, l'histoire de ce pays est très courte, l'indépendance officieuse datant du 25 mai 1810, l'officielle du 9 juillet 1916 signée à Tucuman.
Les Argentins ont tendance à dire qu'ils n'ont pas d'histoire, ni de réelle culture à part le foot !
Mon analyse est toute autre.
Les Argentins portent les valeurs de la vieille Europe dans un inconscient collectif très fort.
En Europe, l'individualisme a gagné du terrain, nous nous déshumanisons depuis la révolution industrielle jusqu'à devenir des machines de travail.
En Argentine, ceci ne se produit pas de la même façon, je crois même que si tant d'Européens se sentent si bien ici, c'est parce qu'ils (re)trouvent une Europe perdue par leur aïeux mais dont l'idée Platonicienne coule encore dans leurs veines.
Ici tout est possible, Buenos Aires est un théâtre de mille représentations, à chacun de se faire son scénario, loin d'une vision très standardisée, trop standardisée.


Séjourner en Argentine, c'est faire un voyage dans le temps, retourner à des sources simples de convivialités, de dureté aussi de la vie, de réalisme d'un certain sens qui réveille en l'homme son côté plus naturel et animal parfois. Que cela est bon de se sentir délesté d'un poids, d'une peau lourde de "surhominisation" falsifiée par la course au progrès.

Le vrai progrès est peut-être dans la retenue !

Je reviens à la maison donc, à la "casa Jardin", le petit hôtel-auberge que j'ai eu le nez de choisir et dieu sait si je l'ai long, le nez ! C'est un endroit charmant, avec une superbe terrasse ensoleillée, la cuisine à disposition et des gens de partout dans les chambres.
On est là pour se reposer, ce n'est pas un espace de fêtards de vingt ans, on y trouve plutôt des couples ou des gens qui cherchent un échange simple et authentique, sans surenchères. Cela me correspond parfaitement. Il y a, au plus, une quinzaine de personnes - en ce moment c'est la basse saison - je me retrouve donc seul dans le dortoir "dormitorio" de quatre lits. Il y a une petite guitare, des douches super chaudes, l'accès web, en gros je suis comme chez moi, vraiment, en plein cœur d'un des plus beaux quartiers de Buenos Aires, le fameux Palermo de Borges.

J'y ai mes marques. Aujourd'hui c'est Fernando qui est à l'accueil, ils sont quatre personnes à se relayer, tous aussi sympathiques les uns que les autres. Je me sens finalement comme dans notre maison de famille en Espagne, malheureusement sans mes cousins ni frères ni parents, oncles et tantes. Je me sens bien; me sens moi-même en respectant les autres et en savourant le respect de retour.




Je voulais faire une séance de photos dans la rue demain avec Guada, une idée de projet en plus traitant de portraits particuliers de gens dans la rue justement, je vous en parlerai bientôt. Mais ladite Guada n'est pas disponible et j'ai besoin d'une assistante, donc je ferai ça à mon prochain passage à Buenos Aires, à moins que je trouve quelqu'un d'un peu tapé et partant pour tout faire ce week-end. Qui sait ?




Aujourd'hui j'ai donc passé un peu de temps à discuter avec des New-Yorkais, des italiens, tout en me faisant ce que j'aime, des émincés de poulet revenus dans l'huile d'olive (prêtée par les italiens) et sauce soja, tout ceci juste grillé ce qu'il faut et accompagnés d'épinard en branches avec du gros sel ! Avec un petit verre de Cabernet-sauvignon, si c'est pas le paradis, on en est très proche !

Un garçon avec qui j'avais partagé le dortoir l'autre fois à Buenos Aires est repassé chercher une de ses amies américaines, ça m'a fait plaisir de le revoir, il vient d'Afrique du sud et vit en Australie pour la majeure partie de l'année. Il parle donc le deutch (hollandais) et l'anglais et l'espagnol, avec un peu d'italien.


Toutes ces rencontres construisent mon quotidien ici, et je me rends compte en l'écrivant à quel point c'est riche. Riche parce que les gens que l'on rencontre sont bien souvent des gens curieux, ouverts, pas toujours bien sûr, mais assez souvent quand même. Cela permet d'apprendre des tas de choses, de revoir des à-priori, de partager des points de vue.
Je commence à être de plus en plus à l'aise avec l'espagnol et l'anglais, car finalement je parle les deux langues tous les jours, l'espagnol la journée et l'anglais bien souvent le soir en sortie. L'anglais reste plus universel que l'espagnol, même ici en Argentine. Quand vous sortez avec des Danois, Hollandais, Américains, Anglais, Belges, Allemands, Italiens, tout ça en même temps, en général on parle tous anglais, c'est plus simple !

Je suis allé également deux fois au cinéma avec mon ami Alejandro et son père, c'est génial pour les langues, un film en anglais sous-titré en espagnol.

Demain je récupère mes cartes de visite "primos en el confin del mondo" et j'ai une soirée de prévue avec Léo, je retournerai bien à la Milonga, ça m'avait vraiment plu. En attendant, je mange un Alfajore, je vous expliquerai très bientôt ce qu'est cette petite merveille. Deux indices : chocolat et dulce de leche ! Ca tue !

Je peux en manger serein, je commence à flotter dans mon treillis dans lequel il y a 6 mois je ne passais qu'une jambe. je découvre que j'ai des muscles à des endroits que je ne soupçonnais pas. ;-)

Il faudra que j'en cause à Gildas, c'est bizarre tout ça, je suis pas habitué moi !...

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Formateur et conseil en communication sur mesure. En savoir plus sur mon profil pro Facebook : Stéphane lemaire Leonard Interventions en entreprises et en écoles de commerce : Médias, communication, marketing et rédaction publicitaire, management, accompagnement à l'équilibre des systèmes, communication interpersonnelle et culture générale. Co-fondateur, associé et dirigeant du "Cabinet de curiosité" (Groupe de communication) jusqu'à fin 2008. Féru d'art (Master de l'école des Beaux Arts) et d'histoire (études d'agrégation) ; Passionné d'arts martiaux "d'accompagnement" (Aïkido, Capoeira). Un très fort intérêt pour les croyances et cultes ainsi que les sciences. Diplômé de l'école de massage Thaïlandais de Chiang Maï. Pratique de l'hypnose et auto-hypnose comme outils de reprogrammation mentale. Auteur, je suis également chroniqueur culturel pour "mon œil" de TéléNantes et rédacteur sur suite101.fr Je me consacre également à la conception de programmes culturels trans-médias. Interventions en français, anglais, espagnol, portugais (du Brésil).