Rechercher dans ce blog

jeudi 31 décembre 2009

Dubaï, le 1er Janvier 2010, 00h40.

Voilà une heure que l'Airbus A380 flambant neuf d'Emirates Airlines vient de toucher le sol des Emirats Arabes Unis.

J'ai passé le portique de transfert de vol à exactement 00h00. A cette heure de passage à l'an 2010, je retirai ma ceinture pour la mettre dans un bac noir, une manière d'enterrer une année pour se tourner vers une autre.
Des larmes ont coulées, doucement, quelques-unes, je pensais à l'endroit où j'aurai dû être, avec mon amour, si n'était survenu ce malheureux accident où elle a perdu la vie il y a deux mois.
Quelle chance j'ai de pouvoir passer cette fête seul, seul face à mes sentiments, seul face à moi, avec moi, seul et finalement sans me sentir seul, en me sentant simplement "à côté", sereinement.
Bien sûr, on sert un peu les dents lorsque l'on voit des couples se serrer fort, se regarder au fond des yeux avec tout l'amour qui les fait prendre soin l'un de l'autre, on sert les dents une dizaine de secondes par réaction égoïste et puis on a envie de les serrer eux, dans ses bras et de leur dire, profitez !
Dans l'avion, mes voisins étaient Argentins, de Cordoba. Leur petite fille, Illona,  était adorable du haut de ces 9 mois. Cela m'a fait du bien de pratiquer mon castillan avec cet accent chuitant que j'aime tant.
Je suis donc en voyage, mais pour une destination opposée à celle de l'Amérique du Sud, comme pour fuir un peu cette réalité insupportable, je parle de la disparition de Stefani, pas du reste.
Je crois que c'est peut-être la première fois que je fuis, un moment pour repartir mieux, j'en ai besoin, j'en suis conscient alors j'assume.
Impressionnant que ce vol 74, au départ de Paris.
Emirates a tout compris à la fidélisation clients et au business.



 

source : http://www.tropicalisland.de
 
Tout est parfait, c'est simple, du confort à l'accueil en passant par les prestations à bord, on a presque envie de rester dans l'avion. Le personnel est charmant, la nourriture, un poulet coco, digne des meilleurs restaurants.
Tout va vite, sans précipitation, les enregistrements sont très bien organisés, l'aéroport est immaculé, des prises électriques internationales sont postées un peu partout et très visibles pour permettre à qui le veut de recharger qui de son téléphone, qui de son Laptop, qui de son Ipod pour le prochain vol.
Internet est en libre accès, complètement gratuit. Voilà ce qui est extrêmement plaisant, alors, les gens s'installent tranquillement, consomment dans les différents points de vente, tous donnant sur l'agora centrale, avec possibilité de s'asseoir très confortablement.
Donnez de la liberté et du confort aux gens, ils vous le rendront en business, à coup sûr !
J'aime le voile simple, léger, symbolique des hôtesses d'Emirates Airlines, c'est un attribut vestimentaire extrêmement sensuel, soyeux, lumineux et fin.
Ce voile cache et révèle, accroche la lumière et la diffuse, capte l'attention et la trouble, ce voile est un écran de fumée, suave et parfumé aux effluves agréables et subtiles.
Je trouve l'ambiance dan l'aéroport sereine, paisible.
Le Hub de Dubaï est un véritable florilège de toutes les couleurs de peaux humaines que peut tenir la planète, toutes les langues sont parlées dans les conversations privées, l'anglais seul est privilégié, avec tous les accents possible et imaginables bien sûr,  pour les échanges autres.
Ce microcosme est très sympathique parce que dans un environnement protégé et dans un contexte particulier, pas tant le fait que ce soit le soir du nouvel an finalement, mais plutôt parce que nous sommes ici hors du temps, de nuit, en transfert ; je dis nous car bien que voyageant seul, il y a évidemment des milliers de gens dans le même cas.

Je suis parti de Paris avec un climat vraiment particulier, dans des brumes incroyables, un froid humide et pénétrant. Ici, à Dubaï il fait 18°, les nuits sont fraîches dans le désert comparées au 35° de la journée.
Bien sûr l'aéroport est climatisé, il fait bon.

Je vois clignoter des sapins de Noël.
Certaines personnes sont en tongs et short, d'autres en costumes complets européens, tandis que ceux-ci sont tout vêtus d'un blanc qui contraste élégamment  avec leur peau sombre et leurs barbes longues.
Des prêtre catholiques croisent des rabbins, des imams.
J'aime ces contrastes, ces politesses, ces respects. Fictifs ? Isolés ? Temporaires ?Réels, ici et maintenant, voilà qui est l'important.


lundi 21 décembre 2009

En route pour la citée perdue des Incas


route macchu piccu

Quelques heures de car depuis Cusco et nous changeons radicalement de décors.
Après être passé par un col de 4800m, avoir une fois de plus surplombé les nuages, nous redescendons, le désagrément de l'altitude disparaît doucement à mesure que le car chemine vers de nouveaux paysages. Plus nous avançons, plus le paysage s'enrichit d'arbres, de végétation, de ruisseau, de petites cascades. Nous traversons une palmeraie, les feuilles géantes recouvrent les vitres toutes entières. Je ne sais pas où je suis. Comme en Bolivie, le car marque des arrêts dans de petits villages, où au milieu de la route, sans aucune annonce pour nous indiquer où nous nous trouvons.

Des gens montent et descendent entre réveils nébuleux, descentes de sac de la gouttière à bagages, envie de pisser et odeurs d'humains enfermés dans une boite en fer depuis des heures. Après sept de ces heures, de vues splendides et de ciel étoilé, nous arrivons vers 20h à Santa Maria, à une centaine de kilomètres d'Agua Calientes, la ville se situant au pied du fameux Macchu Piccu. Ici, c'est le début de la jungle, et mon dieu ce que j'aime la jungle, ses odeurs, sa verdure, sa densité, son humidité, ses mystères. J'aime la vie simple qu'elle propose. Ici, tout pousse : Oranges, mandarines, cacao, bananes... Les gens sont très accueillants. Je vais passer la nuit et repartirai demain vers cinq heures, pour le Macchu Piccu. Nous sommes à 1100m au dessus du niveau de la mer, je me sens mieux qu'en altitude. Je peux reboire une bière sans crainte de mal de crâne... Au dessus de 4000m l'alcool ça tape !... Je mange une omelette pas très bonne avec des trucs dedans. 

Je commence à m'habituer à cette cuisine pas très à mon goût, je ne suis donc pas surpris. Le restaurant bar ferme, il est 21h. La vielle femme courbée retourne les chaises sur les tables tranquillement. Le jour se lève à 5h du matin ici, les horaires sont donc décalés de la même façon le soir. Je dors dans une auberge pour 8 soles, c'est à dire 2 euros à peu près. Le lit est bon, la chambre grande, tout est tranquille. Quelques odeurs de Chanchos, les cochons sauvages, arrivent à effleurer le village, c'est une odeur forte, mais ici presque agréable, puisque diffuse. Elle rappelle simplement la vie sauvage, très proche, active et énergétique. Le réveil sonne à 4h, je dois partir tôt pour joindre Agua Calientes. Depuis Santa Maria, le trajet en voiture dure environ 45 mn pour rejoindre Santa Theresa, d'où partent les véhicules pour le barrage électrique. Du barrage 2h de marche seront nécessaires pour atteindre Agua Calientes.
Il n'y a pas de routes pour y parvenir, un train seul existe, la réservation doit se faire très en avance et le prix est absolument exorbitant pour le pays. Le chemin d'accès se fait donc le long de la voie de chemin de fer, enfin le long... sur la la voie de chemin de fer plutôt ! J'entame la marche avec plaisir, les cris des perroquets dialoguent avec le grondement de la rivière dans une atmosphère incroyable de jungle. Je suis réellement dans un autre temps. Les planches de bois portent des fourmis gigantesques, les feuilles des oiseaux multicolores. Il n'y a personne d'autre sur le chemin.

J'ai le temps de penser à la chance que j'ai de pouvoir réaliser mon rêve de gamin, marcher sur les pas des Incas et rencontrer ce lieux, car il s'agit véritablement d'une rencontre. Je chemine à l'aise, heureux d'avoir un souffle si ample et sain. Soudain j'aperçois des sacs à dos laissés sur le bas côté du balaste de pierre. Etrange, il n'y a personne, les sacs sont au nombre de trois, chacun est recouvert d'un carton pour éviter qu'il ne se mouille avec la pluie. Mais qui peut bien laisser son sac ainsi ? Ce sont des sacs de gringos, j'essaye d'imaginer ce qui peut être la source de cette énigme, et finalement décide de continuer ma route. Je marche d'un bon pas et il me semble pourtant que le temps indiqué pour rejoindre la ville est déjà écoulé... en effet, j'aurais marcher 2h40 pratiquement pour faire le trajet. Ici au Pérou, les notions de temps et de distance sont fonction de celui qui parcoure le chemin. Je saurai un peu plus tard pourquoi cette évaluation est optimiste...

Agua Calientes est une ville très touristique forcément puisqu'elle ne vit que de cela. Tout est dédié au Macchu Piccu et organisé pour le rejoindre. Les choses ici sont bien faites, il est un peu hasardeux de rejoindre Agua Calientes, mais une fois qu'on y est, on trouve une organisation efficace. Un bus mène en haut de la cité perdue, il en part un toutes les dix minutes, plein de touristes bien entendu, et uniquement de touristes étrangers. Il faut savoir que l'accès au Macchu Piccu, perle de la culture Inca et Andine, est absolument hors de portée des bourses péruviennes moyennes, le tarif d'entrée est très élevé pour le pays. Ainsi, le peuple n' a pas accès à sa propre culture, l'acculturation ici est dans une marche vive, les discriminations des indigènes sont courantes, les noms de famille Quechua portent une consonance de sous-peuple et la langue est synonyme d'arriération... Elle est peu parlée dans les villes et est même assez mal vue. Contrairement à ce que les gouvernements montrent, la culture n'est pas défendue, elle est exploitée. Les aides à la culture sont une bonne manière de dealer des voix pour les élections et la défense de la culture est en fait beaucoup, un achat pur et simple de reélection. Les guides volontaires et indépendants des ruines incas (y compris le Macchu Piccu) travaillent parfois comme professeurs de Quechua ou enseignant d'autres matière durant la journée ou le soir. Quand ils ont du temps, ils tentent de vendre leur savoir aux touristes pour financer eux-même la sauvegarde de leur culture, achetant des livres, des cahiers, des crayons pour leurs élèves n'en ayant pas les moyens. Ceux qui font cela sont les personnes les plus droites, qui refusent de troquer leur liberté d'expression electorale contre un financement pervers de la culture. Ils savent que la seule façon de sauver une culture est de se la réaproprier et donc de la garder hors de corruption, chose extrêmement difficile lorsque l'on parle de nécessités premières... En haut du Macchu Piccu, un guide, qui porte un prénom français sur sa poitrine, me propose ses services me parlant en espagnol, une fois de plus on me prend pour un ressortissant d'une autre nationalité. Je saurai plus tard que les guides ont des techniques afin de capter leurs clients français. C'est simple, les français préfèreront un guide avec un prénom, souvent faux, français, cela les rassure...

dimanche 20 décembre 2009

Cusco, énergie surréelle

Incroyable place d'armes, encerclée de splendeurs.


Eglises, cathédrale, parmi les plus belles d'Amérique, veillent sur la fontaine multicolore, les jardins fleuris et les arches coloniales reposant sur les pierres taillées des Incas. Les collines alentours dialoguent de lumières avec les étoiles. Je crois que c'est un des plus beaux endroits que j'ai vu. Une seule colline reste noire, sombre, à la cime de celle-ci, un Christ blanc criant de lumière béni le berceau de l'empire Inca. Je pourrai en pleurer tellement c'est beau mais il fait meilleur sourire et dire merci, boire un bon verre de vin à la santé des Dieux, quels qu'ils soient. Eux finalement doivent réussir à s'entendre et à ne pas se détruire. Salud !

samedi 19 décembre 2009

Cusco, ville magique





Berceau de la culture Inca, ville Puma entre monts et soleil, l'emprunte espagnole est si présente qu'elle exhibe la force de croix, nécessaire à l'écrasement des derniers rois.
Il y a tant d'églises splendides pour évangéliser cette terre, que l'on y perdrait presque une foi simple, respectueuse et sincère.



C'est bien au nom de Dieu que Pizarro a fait tomber les plumes, masqué le soleil, décapité l'ultime roi de l'astre divin, des Incas. La plainte du peuple illuminé perça le ciel de souffrance vive, à en rendre sourd les vivants, à en faire tomber les ailes des anges.
Converti pour ne pas se consumer en flammes, converti pour respecter son corps, ses croyances, Atawallpa saigna le sang de ses ancêtres, de la terre sacrée, du ciel, des lumières et du peuple. Les herbes, le vent, la pluie, le temps recouvrirent en une seconde des centaines d'années de puissance, de culture et de résistance.



Par la volonté du démon, du blanc percé d'yeux ronds couleur des eaux, tout disparu en un instant, le lion remplaça le puma, le condor posa à jamais ses ailes de géant sur une terre désormais d'occident. La porte du soleil fût fermée et on jeta la clef du haut d'une montagne sacrée, aujourd'hui mont pelé d'Absalyde.



lundi 14 décembre 2009

Ciel Nantais

Ciel d'ardoise sur ville de craie,
tu retiens sous ton couvercle de silence,
les élans de départ d'un peuple extenseur de France,
Nantes, ville d'ailleurs, accrochée à l'hexagone,
c'est avec les lueurs des tropiques, les parfums d'Afrique et d'Orient,
que dans ta mémoire tu danses, chaque nuit, sous un râle percé de l'ozone.
Grise est ta robe, gris ton sourire, grise ta pluie car tu ignores,
qu'en ton ventre bat la splendeur des mondes et l'espoir, toujours, des encore.


 

samedi 12 décembre 2009

Parfois

Parfois, on se sent juste simplement vivant.
Parfois on se sent juste simplement heureux.
Parfois, on se sent juste simplement libre.



Et bien, ce parfois, si rare qu'il en devient précieux, n'est pas une fatalité.
Et non , ce n'est pas sa rareté qui le rend précieux, ce parfois est une ébauche, ce parfois est un croquis, qui tient en lui l'essence de la vie.
Oui ce parfois porte une énergie primaire, simple et évidente, comme un rond parfait dessiné à main levé par Le Corbusier sur un tableau d'écolier, en geste juste, avec une simple craie.
Mais ce parfois est l'aube, la toute petite première lueur de ce que l'on peut observer, ébahi, si l'on s'assoie sereinement sur le bord de l'infini, les pieds dans le vide de ce que sera demain.
Qu'elle est riche cette vie ! Ne rien savoir, ne rien prévoir, est comme une invitation à tous les possibles. Devenir un simple papier argentique, sensible à la lumière des choses, des rencontres et du temps, nous révèle des images, des contes et des surprises, que seule la chambre noire et mystérieuse de l'inconnu peut porter.
Passer une journée à flâner, à écouter les hommes changer le monde, à vivre la pluie, à pleurer des oignons ou à humer des odeurs de grillade, à sentir sur son visage le pâle rayon d'un soleil d'hiver.
Passer une journée à goûter des mets inconnus, des tendresses imprévues, des chaleurs amicales.
Passer une journée à se frotter les yeux de ne pas être coupable, de n'être ici pour rien, pour personne.
Passer une journée à savourer chaque seconde comme le meilleur souvenir de votre vie d'enfant, comme le met le plus fin, la madeleine de Marcel, ou les crêpes du dimanche avec sur le beurre, un peu de fleur de sel.
Chaque jour, je me réveille souriant, heureux et sans questions.
Je ne me demande plus ce qui me rendra heureux.
"Rendre heureux", cela veut-il dire récupérer une naïveté d'enfant, avant l'élevage social, cette capacité d'émerveillement. Cela veut-il dire encore que cela émane de nous ? Cela signifie-t-il tout simplement, que la seule chose qui puisse "rendre le bonheur" est celui qui a envie de le créer ?
Peut-être un peu de tout cela.
Aujourd'hui on m'a posé une question sur mon état de bien-être.
"Tu as rencontré quelqu'un ?"
Je dirai oui, enfin, le seul être avec qui je suis sûr de passer toute ma vie, sans aucun doute, aucun : la vie qui m'anime.
Ainsi, je ne suis plus, tout en étant vraiment. Les choses résolues se remettent en chanson, non plus comme des nuisances mais comme des instruments qui teintent de leurs couleurs le chatoiement du vent.
Même ces mots virevoltent, prennent des places imprévues, se structurent à l'envie. Parfois cela évoque, parfois cela provoque, certaines personnes y voient des portes, ouvertes et accueillantes. D'autres trouvent cela ridicule, idiot, mais peu importe. Le soleil crée de l'ombre, chaque force a son contraire. La pluie commence par boucher le ciel pour ensuite goutte à goutte, créer une surface vive qui le fera bientôt exister en reflet, en double et donc deux fois renaître.

Membres

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Formateur et conseil en communication sur mesure. En savoir plus sur mon profil pro Facebook : Stéphane lemaire Leonard Interventions en entreprises et en écoles de commerce : Médias, communication, marketing et rédaction publicitaire, management, accompagnement à l'équilibre des systèmes, communication interpersonnelle et culture générale. Co-fondateur, associé et dirigeant du "Cabinet de curiosité" (Groupe de communication) jusqu'à fin 2008. Féru d'art (Master de l'école des Beaux Arts) et d'histoire (études d'agrégation) ; Passionné d'arts martiaux "d'accompagnement" (Aïkido, Capoeira). Un très fort intérêt pour les croyances et cultes ainsi que les sciences. Diplômé de l'école de massage Thaïlandais de Chiang Maï. Pratique de l'hypnose et auto-hypnose comme outils de reprogrammation mentale. Auteur, je suis également chroniqueur culturel pour "mon œil" de TéléNantes et rédacteur sur suite101.fr Je me consacre également à la conception de programmes culturels trans-médias. Interventions en français, anglais, espagnol, portugais (du Brésil).