Ce matin j'ai appris la mort d'un ami.

Voilà comme ça, pour rien, sans raison, il n'est plus.
Je pense à ceux pour qui il était très proche, je pense à mes amis, loin, que j'aimerais pouvoir soutenir de ma présence, un peu.
Sans doute cet événement, en plus de la perte de l'être, nous rapproche-t-il chacun un peu plus près, un peu trop près de notre finitude.




Je n'ose pas imaginer la douleur de la famille, de ses amis d'enfance, des personnes dont je sais qu'il a partagé toute sa vie ou presque.
J'y ai pensé aujourd'hui, beaucoup, chaque respiration devient un cadeau encore plus précieux lorsqu'on est mis devant l'évidence que l'on connaît tous pourtant : Passer de vie à trépas peut se faire à n'importe quel moment.
Chaque seconde de cette vie est d'une richesse que l'on n'imagine pas, chaque instant est perdu si on ne le savoure pas.
Je pense que je vais emporter dans mon sac les quelques moments partagés avec lui, à discuter de tout, de rien, de la vie, de la mort, à refaire le monde à cinq heures du matin en mangeant un saucisson pas très bon, mais juste symbole d'un partage et d'une envie d'être ensemble. Tu te souviens, la dernière fois, la toute dernière de toutes les fois.
Je verserai quelques mots à l'oreille du vent, quelques pensées sur la cime des volcans, quelques souffles à Valparaiso, des sentiments confus peut-être sur le Macchu Piccu, ou bien encore juste certainement, je respirerai chaque bouffée de cet air enivrant pour me souvenir toujours de la chance d'être encore vivant.
Je pense à vous mes amis, je vous embrasse et me tords de vous savoir si mal.
Demain la terre reprendra son enfant, dans son corps chaud, son enveloppe protectrice.
Dors bien Monsieur et que tes rêves soulèvent les temps pour te revoir un jour riant.